Comment s’assurer de la cohésion de son équipe lors d’une réunion de travail ? On le sait, la performance collaborative découle de sa dynamique. L’homme est un être social, à ce titre, son environnement influence grandement son efficacité dans l’entreprise. Le manager bienveillant doit savoir fédérer ses collaborateurs pour engager la rencontre dans les conditions idéales de performance. La météo managériale au début d’une séance de travail ne se résume pas à un simple tour de table de présentation individuelle. C’est un véritable outil du manager innovant et modélisant pour créer un moment de partage, d’ouverture à l’autre et de sincérité réciproque. Une météo intérieure bien gérée place toute l’équipe dans une situation de confiance et de bien-être au service de la performance. Comment faire ? Installez-vous confortablement et prenez 2 minutes pour lire cet article !

À quoi sert la météo managériale au début d’une séance de travail ?

Libérer la charge mentale du collectif

Prévoir un tour de table pour entamer une réunion de travail, c’est un cadeau que vous offrez au collectif pour démarrer sur de bonnes bases. Chaque collaborateur arrive avec ses émotions, ses soucis, ses préoccupations. On parle même de conditions climatiques personnelles ou de météo des humeurs. L’exercice de météo permet de poser ses valises. Libéré de ses poids, le voici alors dans de meilleures dispositions pour participer à la séance et donc à l’atteinte des objectifs de celle-ci. Ses pensées sont joyeuses ? Tant mieux, la bonne humeur est communicative et résonne sur toute l’assemblée. Un cerveau déstressé réfléchit mieux, c’est une des 12 lois du cerveau, selon John Medina. L’enthousiasme décuple le plaisir de travailler, donc la motivation et, par conséquent, l’engagement, lui-même, facilitateur de performances.

Créer un lien et fédérer grâce aux neurones miroirs

Les travaux de Giacomo Rizzolatti1 démontrent que ce sont les mêmes neurones qui s’activent lorsque nous agissons et lorsque nous observons l’autre exécuter la même action. N’avez-vous jamais senti vos papilles crépiter en regardant quelqu’un croquer dans un citron ? Qu’en déduire ? Que le fait d’écouter son collègue pendant qu’il partage ses émotions génère dans notre cerveau la même mise en situation. C’est pourquoi les émotions sont contagieuses. #fourirejusteparmimétisme !

En écoutant l’autre, on ressent ses émotions et on se met à sa place. Commencer une réunion par cet exercice d’introspection favorise l’empathie, reconnue pour accroître la performance collective. Marylin Gowing, directrice de l’Office américain de la gestion du personnel, liste bien l’empathie comme un des moyens les plus efficaces pour évaluer les atouts d’un groupe, au même titre que l’optimisme ou le tissage de liens entre les hommes et femmes. Cette cohésion d’équipe, ainsi créée par la compréhension d’autrui, implique et engage chaque individu dans l’objectif commun.

Prendre le pouls de l’entreprise

Et si l’écoute de l’autre était le pivot de la réussite collective ? Ce petit tour de table, voyez-vous mesdames et messieurs les managers, s’avère un excellent moyen de prendre la température générale de votre entreprise, votre service ou votre équipe. Ce n’est pas pour rien que cet exercice endosse le nom de météo, c’est un véritable baromètre de l’humeur globale et individuelle. En prenant conscience de l’état émotionnel de chacun, vous connaissez désormais les besoins personnels et collectifs. Charge à vous de les noter et d’y répondre. Ceci fait l’objet d’un autre travail à gérer dans un second temps, sous forme de nouveaux ateliers d’intelligence collective, par exemple.

Comment animer un tour de table et favoriser la dynamique collective ?

Travailler sa posture

Donner avant de réclamer ! Voici une maxime adaptée à la posture du parfait manager. Pour obtenir une vraie sincérité et transparence de la part de vos collègues, commencez par vous positionner en situation d’ouverture.

Un manager bienveillant pratique aussi sa propre météo et se met à l’écoute de ses émotions. Pourquoi ? C’est une excellente manière de favoriser le « oser dire », notamment lors des premières séances. En donnant l’exemple, il devient modélisant et sa propre intervention sincère et authentique entraine une mise en confiance et crée un climat de relations saines autour de la table. Être modélisant en montrant son implication et engagement en toute bonne foi ouvre la voie pour une vraie réciprocité. Ainsi, il facilite la prise de paroles des autres intervenants. Une fois les collaborateurs accoutumés, le manager peut reprendre une place aléatoire de manière à se placer au même niveau que ses collègues. Il s’intègre au rituel dans un esprit d’égalité.

Le manager, en prenant ainsi une posture émotionnellement intelligente, prend aussi conscience de son propre état affectif. C’est un cercle vertueux qui s’engage.

Sécuriser le cadre et apporter une présence psychologique

Bien entendu, pour être efficace et révélateur, le tour de table qui entame la réunion de travail doit s’inscrire dans un climat de confiance et de sécurité. Il est important de rappeler dès les premières minutes, les règles de bonne conduite et de s’attacher à les appliquer. Écoute, empathie, solidarité, compréhension et non-jugement doivent être les maîtres mots du moment. Managers, vous devez vous poser en garant de ce cadre pour fédérer vos équipes. Vous apportez alors une présence psychologique à votre groupe et le placez dans un climat de bienveillance.

Favorisés par ce confort émotionnel, la confiance et le sentiment de sécurité vont naturellement s’installer. Et avec eux, vient la performance.

Utiliser des outils d’animation adaptés

En pratique, nombre de supports permettent aux collaborateurs de s’ouvrir et se projeter dans une image représentative de leur état d’esprit à cet instant T. L’important est de proposer une animation courte (chaque temps de parole est limité) et ritualisée. Au fil du temps, les gens prennent l’habitude de se libérer, l’exercice devient de plus en plus fructueux, la météo gagne en parole et en contenu, et de fait, en authenticité et profondeur.

Cadeau ! Une liste non exhaustive des outils d’animation :

  • étiquettes météorologiques, soleil, nuage blanc, nuage gris, nuage noir ;
  • smileys avec les différentes émotions ;
  • échelle de valeurs 0 à 5 ;
  • alphabet avec 5 lettres ;
  • photo langage ;
  • animal, etc.

L’idée est de varier les supports dans le temps, et aussi de permettre à chacun de s’exprimer selon sa propre imagerie. Rappelez-vous, chaque esprit reste unique, c’est une autre des 12 lois du cerveau de J. Medina.

Je souhaite des exemples d’activités pour animer l’atelier de météo intérieure quand je lance mes réunions, je contacte Mylène.

Comment utiliser la météo émotionnelle avec ses collaborateurs ?

Attentif, vous serez

Le manager doit toujours garder en tête qu’il est le garant de ce temps de parole. Il doit donc se montrer attentif à ce que chacun s’exprime en toute sincérité et authenticité.

Les signaux faibles, vous remarquerez

Freud disait : « Les mortels sont incapables de garder un secret. Quand leurs lèvres sont silencieuses, ils bavardent avec leurs doigts. ». Les signaux faibles vous permettent de noter une incohérence entre les paroles et les attitudes. Souvent, plusieurs signaux se cumulent, le collaborateur reste en retrait, son visage fermé, les sourcils plissés, etc. En tant que responsable, vous devez les percevoir et immédiatement lever le doute. Cependant, cette intervention demande du courage managérial et suppose d’accompagner la personne interpellée.

  • Tu me dis que tu vas bien, pourtant, tu me sembles nerveux. Es-tu sûr que tout est vraiment OK ?
  • As-tu besoin de quelque chose ?
  • Comment le collectif et/ou moi pouvons-nous t’aider ?
  • Souhaites-tu nous en dire plus ?

Là encore, le principe repose sur le fait de donner à l’autre une tribune pour s’exprimer.

Ainsi encouragée, la personne peut faire émerger des sentiments lourds, communiquer sur des situations compliquées. Remerciez-la immédiatement de sa sincérité et de sa confiance et proposez-lui un nouveau temps d’échange individuel.

Plus tard, vous gérerez

Rappelons-le, cet article concerne la météo introductive à un temps de travail. Vouloir traiter les problèmes soulevés maintenant serait donc hors sujet. Le tour de table managérial doit mettre le groupe dans une dynamique collective pour performer dans l’activité qui suit.

Pour autant, le manager, face aux observations relevées lors de cette météo matinale, le plus souvent, doit programmer d’autres entretiens pour gérer les problématiques révélées.

Petit florilège de secrets du manager bienveillant

Météo et humeurs relèvent parfois du décryptage organisé. Certaines notions vous viennent en aide comme :

  • Les expressions faciales. Issues de recherches scientifiques de J. Ekman, elles sont universelles et très révélatrices. Les travaux de l’hôpital universitaire de Genève2 démontrent, d’autre part, la dangerosité de ne pas savoir les déchiffrer.
    • L’intelligence émotionnelle. Saviez-vous que ce potentiel augmente naturellement avec l’âge2 ?
      • La CNV (communication non violente), notion développée par Marshall Rosenberg3 (docteur en psychologie clinique et père de la CNV).
        • La méthode OSBD, pour observation, sentiment, besoin, demande. Elle permet de décrypter les non-dits.

Vous connaissez désormais les tenants et aboutissants de l’atelier météo intérieure et personnelle de vos collègues. Puissant outil managérial, sa force réside dans sa raison d’être. Si vous acceptez de prendre ce temps et de l’utiliser pour créer une harmonie dans votre équipe et mettre vos collaborateurs en confiance, vous performerez d’autant plus et atteindrez les objectifs de votre réunion.

Je veux devenir un pro de la météo managériale, je contacte Mylène !

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Sources :

1 : professeur d’université à Parme, Prix Brain, prix Princesse des Asturies de la recherche scientifique et technique, prix de plasticité neuronale, auteur de « Les neurones miroirs ». Découvrez-en davantage sur les neurones miroirs (Académie des Sciences).

2 : L’essentiel de la science, numéro 49.

3 : Marshall Rosenberg a, entre autres, écrit « Non violent communication, a language of compassion », traduit en français par « Les mots sont des fenêtres ou des murs ».